Accueil > De l’abattoir de Neussargues à la construction d’un pôle viande

De l’abattoir de Neussargues à la construction d’un pôle viande

Le 1er mars, la Présidente de Hautes Terres communauté, maire de Neussargues-en-Pinatelle, Ghyslaine Pradel et le Président du conseil d’administration de l’abattoir de Neussargues, conseiller communautaire, Franck Panafieu, ont présenté le projet de restructuration de l’abattoir de Neussargues dont les travaux ont commencé à l’automne 2018. Etaient également présents le Directeur de l’abattoir Laurent Chadelat et Sylvain Rispal de la Ferme des Cochons gourmands de Tanavelle, client de l’abattoir, dont l’exploitation vient d’être primée au Salon de l’agriculture.

Maintenir un abattoir public

L’abattoir public de Neussargues a été créé en 1941, il fait partie de l’histoire de la commune et est administré depuis 1976 dans le cadre d’une régie municipale. Dans les années 1970, de nombreux chevillards y travaillaient pour produire plus de 5000 tonnes de viande. 2000 tonnes de viande sont produites aujourd’hui.

En 2014, alors que la nouvelle municipalité entame son mandat, la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) adresse des recommandations pour moderniser l’abattoir.

Les élus municipaux et communautaires et le conseil d’administration de l’abattoir missionnent un bureau d’études pour réaliser un audit du bâtiment et proposer des pistes d’actions. Ils sont accompagnés par la Fédération nationale des exploitants d’abattoirs prestataires de services (FNEAP) dans leur réflexion.

Le bureau d’étude propose 3 scenarii :

– un « toilettage » global mais superficiel du bâtiment pour un coût de 600.000€ ;

– une restructuration du bâtiment afin de redimensionner l’outil à l’activité actuelle et d’améliorer sa fonctionnalité et les conditions d’exploitation pour un coût d’environ 1,7M€ ;

– la création d’un outil d’exploitation neuf pour un coût d’environ 5,5 millions €.

 

« Nous avons opté pour la solution médiane, la plus cohérente et adaptée à notre activité, aux volumes de viande traités… Et plus nous avançons dans les travaux, plus je suis convaincu que nous avons fait le bon choix » explique Franck Panafieu.

 

Au vu de l’intérêt du projet au-delà des frontières de l’arrondissement et du département et de son caractère structurant pour l’ensemble de la filière agricole, la Communauté de communes porte l’opération. La charge financière sera néanmoins assumée par la Régie municipale des abattoirs de Neussargues.

 

« Cet équipement est nécessaire pour de nombreux agriculteurs qui ne peuvent avoir accès à un abattoir privé, indique Ghyslaine Pradel. Son maintien est essentiel notamment pour de nombreux petits producteurs qui proposent de la viande de qualité en circuit court. Il est pour nous essentiel de maintenir la valeur ajoutée sur le territoire ».

 

Un outil adapté au territoire, fonctionnel et moderne

Les travaux vont permettre de recalibrer l’outil à son activité actuelle ; de le rendre plus fonctionnel pour les salariés et le cheminement des animaux ; de l’adapter aux évolutions de la consommation en proposant de nouvelles solutions aux agriculteurs.

Ils sont par ailleurs en adéquation avec l’ensemble des mesures liées au bien-être animal.

Sont notamment prévus :

  • le réaménagement des bouveries
  • le recalibrage et la modernisation des frigos pour réaliser des économies d’énergie
  • la création d’une nouvelle salle de transformation
  • la construction de nouveaux espaces pour le personnel
  • l’amélioration du prétraitement des eaux usées afin de réduire l’impact environnemental
  • Le coût total de l’opération a été estimé à 1,9M€ dont 1,7M€ de travaux soutenus à hauteur de 40% par l’Etat. Ils doivent s’étendre sur 12 à 18 mois.

 

Les travaux ont été prévus afin de minimiser au maximum leur impact sur l’activité de l’abattoir. Néanmoins, une période de fermeture va être nécessaire lors de la réfection de la salle d’abattage. Elle aura lieu :

– du 18 mars au 31 mars pour la filière bovins.

– du 18 mars au 14 avril pour la filière porc.

Une organisation a été prévue en anticipant les abattages pour la filière bovins et avec des structures voisines pour la filière porcs.

 

Ces travaux ont aussi pour vocation de proposer de nouveaux débouchés aux éleveurs (viande hachée, conditionnements plus petits…). « On ne se ferme aucune porte, indique Franck Panafieu, à condition que le projet soit partagé et que l’engagement vers ces évolutions soit collectif ».

 

L’abattoir en chiffres :

– plus de 2000 tonnes de viande produites chaque, 1/3 de viande porcine, ¼ de viande bovine, le reste en ovins, caprins et équidés

– 700 clients, gros comme petits producteurs et « abattages familiaux », originaires au-delà de l’arrondissement du Pays de Gentiane, de Sumène-Artense, du Sud du Puy-de-Dôme, de Nord Lozère, de l’Aveyron, de Haute-Loire.

– 250 tonnes de viande valorisées par l’atelier de découpe

– 12 salariés à plein temps

 

L’abattoir et l’atelier de découpe répondent aux normes exigées par l’agriculture biologique (ECOCERT-FR BIO-01) et sont également labellisées Bœuf Fermier Aubrac (BFA).